Première session au Conseil Départemental du Morbihan de l’année

Porte-Parole de la Majorité, retrouvez ci-dessous mon intervention.

 » La France – et plus particulièrement la Bretagne – traverse aujourd’hui une crise agricole sans précédent. L’agriculture et l’agroalimentaire représentent une part non négligeable de notre économie en Morbihan, avec des fleurons de cette filière présents dans le département. Cette crise impacte inévitablement les agriculteurs mais également toutes celles et ceux qui travaillent dans les usines de transformation, des chaînes de production aux personnels administratifs et logistiques.
Ne nous leurrons pas, les modes de production alternatifs peuvent être une partie de la réponse, mais uniquement à la marge. Je vous rappelle que l’agriculture bretonne exporte 90 % de sa production en France et au-delà.
Nous, élus locaux, ne pouvons rester insensibles à cette situation. C’est pourquoi nous nous mobilisons pour que les pouvoirs publics réagissent et apportent des solutions concrètes et durables. Il ne s’agit pas de mettre un pansement sur une jambe de bois. Cette crise n’est pas uniquement conjoncturelle, elle est aussi structurelle. Nous étions plusieurs centaines d’élus locaux et parlementaires bretons, toutes tendances confondues, présents au rassemblement de Loudéac avec les agriculteurs et les organisations agricoles pour appeler le Gouvernement à prendre ses responsabilités. Notre collègue, Marie-Christine Le Quer, Vice-présidente du département en charge de l’agriculture nous a dignement représentée en rappelant combien cette filière était importante dans notre culture, notre économie, notre ADN.
Depuis longtemps, le Conseil départemental du Morbihan aide les agriculteurs à investir, ainsi que les jeunes à s’installer. La loi NOTRe a rebattu les cartes et ne nous permet plus aujourd’hui d’apporter l’aide et le soutien au travers des dispositifs et du cluster performant que nous avions mis en place et qui fonctionnaient très bien.
J’entends ici et la dire « c’est la faute de Bruxelles ». Si la commission a sa part de responsabilité et des solutions à apporter, la France ne peut éternellement se cacher derrière son petit doigt. Nous devons accompagner les agriculteurs à se transformer et à s’adapter afin de pouvoir vivre dignement de leur métier et de leur passion. L’agriculture et l’agroalimentaire ne sont pas des métiers du passé, j’en suis persuadé, ce sont aussi des métiers d’avenir.
Si l’agriculture doit susciter notre plus vif intérêt, il est un autre sujet sur lequel nous ne devons pas fermer les yeux, bien au contraire, c’est celui de la pêche.
Nous avons la chance dans le Morbihan d’avoir le premier port de pêche de France à Lorient-Keroman. Cette filière fait partie intégrante de notre histoire et de notre patrimoine. Si nous sommes un territoire nautique, nous sommes aussi un territoire de pêche.
Actuellement, dans le cadre de la loi biodiversité, Mesdames Royal et Pompili se sont mises en tête de déposer un amendement, validé par la commission du développement durable, qui aurait induit d’interdire le chalutage en eaux profondes. Cette mesure, purement idéologique et portée par certains élus, mais pas tous heureusement, détruirait près de 70% de la flotte de pêche française.
Cet amendement, heureusement retiré hier soir, arrivait en parallèle de longues négociations avec la Commission européenne, où l’ensemble de la profession a réussi à se mettre d’accord sur un compromis. Le Président de la commission de la pêche, le breton Alain Cadec, mène actuellement un trilogue sur cette question.
Pourquoi une loi sur la biodiversité, qui n’est ni demandée par l’Europe ni par les comités scientifiques internationaux, viendrait court-circuiter tout ce travail et anéantir une filière toute entière ? Cela revient tout simplement à stigmatiser cette filière qui a énormément évoluée en matière de protection de l’environnement en passant par exemple de 7% à 80% de rendement maximal durable ! La pêche est bel et bien à la pointe de la transition environnementale et énergétique, et certains membres du Gouvernement voudraient la sacrifier sur l’autel de je ne sais quel principe…
En Bretagne il y a une vraie dynamique autour de ce secteur, résolument inscrit dans la modernité et le XXIème siècle. Beaucoup de jeunes souhaitent se lancer dans l’aventure. En Morbihan, nous sommes riches de cette volonté des jeunes de se former et d’apprendre le métier, avec notamment le lycée maritime d’Etel. Le comité régional de la pêche reçoit de très nombreuses sollicitations pour construire des bateaux de pêche neufs.
La diversité des métiers contenus au sein de la filière pêche sont souvent méconnus. Il est aussi de notre ressort, collectivités territoriales, de faire connaître d’avantage ces métiers, ces produits, que ce soit par la communication, par le tourisme, ou encore dans nos cantines et nos écoles, collèges, lycées et université.
Comme pour l’agriculture, nous devons être solidaires, sans étiquettes, pour soutenir le monde de la pêche ainsi que toutes celles et ceux qui en vivent et nous fournissent des produits frais de grande qualité.  »
Ronan LOAS

Maire de Ploemeur

Vice-Président du Département du Morbihan

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