Suppression de la taxe d’habitation, ma réaction 


Promise par Emmanuel Macron, la suppression de la taxe d’habitation démarrera en 2018 et s’étalera donc sur trois ans. Au final, près de 80 % des ménages devraient en être exonérés. Du côté des communes, nous craignons la disparition de cet impôt local, tout comme l’éventuel manque de compensation de l’Etat.
La réforme de cet impôt injuste est nécessaire car la Taxe d’Habitation ne prend pas en compte les revenus, le nombre de personnes par foyer… et donc la réalité sociale et familiale du foyer. La solution était de revoir les bases mêmes de cet impôt, permettant de diminuer la pression fiscale sur les classes moyennes, souvent propriétaires et toujours pénalisées. Des inquiétudes légitimes qui nécessitent des éclaircissements urgents afin de préparer le budget des exercices à venir le plus sereinement possible.
Les collectivités locales ont besoin de retrouver de la visibilité et surtout de la stabilité fiscale, en terme de mission(s) à accomplir après plusieurs années de diminution de nos ressources par la perte des Dotations Générales de Fontionnement, la fameuse DGF (3 502 000,00 € en 2014 contre 2 764 000,00 € en 2016 pour la Ville de Ploemeur). La réforme de la Dotation Globale de Fonctionnement était quant à elle attendue depuis de nombreuses années par les collectivités locales.
Avec les nouvelles missions transférées par l’Etat aux collectivités ces dernières années (Réforme des rythmes scolaires, cartes d’identité biométriques, sécurité publique, etc.) et la baisse des dotations, c’est l’investissement des collectivités qui a été durablement impacté et donc l’économie locale (comme notamment le BTP). Nous subissons le fameux effet ciseaux : nouvelles dépenses et diminution de nos ressources.
Rappelons que les collectivités locales votent des budgets équilibrés contrairement à l’Etat, collectivités gérées par des élus sérieux et impliqués dans leurs missions. Pour Ploemeur, c’est la maîtrise des charges de fonctionnement qui permet de maintenir service public et investissement (env 3,5 millions d’euros par an) sans augmentation des taux d’imposition depuis le début du mandat.
L’Etat a annoncé des compensations, mais nous manquons pour le moment de précisions sur le volume, les critères de réévaluation, et surtout la pérennité du dispositif. On touche là à la libre administration des collectivités qui n’auront pas la possibilité de lever ou baisser l’impôt. Principe pourtant constitutionnel.
Attendons donc de voir les mesures gouvernementales pour juger mais cela pose néanmoins la question du maintien de la qualité des services publics de proximité apportés à la population. Comment répondre aux attentes croissantes de la population (vieillissement, aides aux personnes, qualité des services publics) ? Quelle sera la capacité à agir de nos communes ? Quel rôle aura demain le Maire, élu local de proximité, si ce n’est délivrer des actes d’état-civil ? Nous resterons donc vigilants, force de proposition et surtout attentifs au maintien d’un service public de qualité adapté aux attentes de nos citoyens. L’humain au cœur de nos décisions.

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