Assemblée Générale de la FNACA

230 adhérent.e.s à Plœmeur, devoir de mémoire entretenu par les bénévoles de l’association et les porte-drapeaux. Un grand merci d’entretenir le souvenir.
La FNACA, est l’association spécifique de tous ceux qui ont participé entre 1952 et 1962 à la guerre d’Algérie ou aux combats du Maroc ou de la Tunisie. Un 13 mars 1962 dignement commémoré ici.

Alexis Jaffrézic a rendu les Armes

Homme engagé dans tous les combats de la vie sociétale, le ploemeurois Alexis Jaffrézic n’a pu résister à son dernier combat contre la maladie. Âgé de 93 ans, il a abdiqué ce mercredi 13 septembre, à 20 h 40. Retrouvez ci dessous mon discours, prononcé ce matin en l’Eglise Saint-Pierre.

Mesdames, Messieurs,

Le combat de l’injustice, Alexis Jaffrézic l’a mené dès sa naissance à Névez (Finistère). Combat de la vie que son père, marin pêcheur, lui inculquera à force de travail, de conviction et de valeurs humaines. Au cours de la seconde guerre mondiale, Alexis Jaffrézic est apprenti à la base des sous-marins de Lorient.

Dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce solennellement les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme. Texte à caractère universel et intemporel, elle concrétise les idéaux politiques du siècle des Lumières. Dans les événements sombres de notre Histoire, quand notre pays connut l’envahissement, le joug de l’occupation, l’humiliation de la défaite, résister pour Alexis Jaffrézic fut justement l’expression d’une volonté, celle de défendre ces droits imprescriptibles.

Apprenti à la base des sous-marins de Lorient, Alexis Jaffrézic en profite pour saboter les machines-outils mais il est découvert par un collaborateur. Emprisonné à Vannes, l’ingénieur général Jacques Stosskopf, dont la base des sous-marins porte le nom, le fera libérer, arguant un dysfonctionnement de la machine. « L’ingénieur Stosskopf m’a sauvé ! » témoignait-il.

Ainsi libre, Alexis Jaffrézic rejoint le maquis de Saint Marcel (Morbihan) accompagné de son frère, Ernest et avec la bénédiction de leur père. Au cours d’un contact avec l’ennemi, il reçoit un éclat d’obus dans la tempe duquel il ne s’en séparera jamais.

Il est classé Grand Invalide de Guerre et rejoint activement l’association des Gueules Cassées dont il est délégué régional pendant de longues années. Il y défendra utilement les intérêts des blessés au combat.

La résistance préparera la libération et engagera par le Conseil National de la Résistance l’élaboration des textes qui fonderont la reconstruction et la nouvelle République.

Ces principes figurent dans le préambule de la constitution de 1946 et préfigureront les grandes réformes (le droit au travail, la sécurité sociale). « Le peuple français réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. »

À l’issue du conflit mondial, il réintègre l’arsenal de Lorient et poursuit logiquement son engagement sociétal, syndical et associatif. Militant invétéré, il participe à la création du parti socialiste aux côtés, notamment, de Pierre Mauroy, d’Yves Allainmat et de Jean-Yves Le Drian. Parallèlement, il est membre actif du syndicat FO et est appelé pour créer la maison des jeunes de Lorient puis la maison de retraite de Kervénanec pour lesquelles il donne toute son énergie au bien-être de son Prochain. Remarqué par l’association Léo Lagrange, il crée le site de Kerdroual à Ploemeur et en profite pour faire prospérer le jumelage entre Lorient et la ville allemande de Ludwigshafen voulant ainsi effacer les affres de sa jeunesse.

Au fil du temps et des aléas de la vie, Alexis Jaffrézic s’est peu à peu retiré de ses activités associatives, syndicales et politiques mais la signature philosophique de cet humaniste demeurera dans la mémoire de ce qu’il a eu loisir de créer et de ceux qui ont eu la chance et l’honneur de partager son sens de la vie.

Je rends hommage aujourd’hui en l’Eglise Saint-Pierre et au nom de la Ville de Ploemeur et de ses citoyens à un de nos derniers résistants et réfractaires ploemeurois.

L’esprit de la Résistance c’est aussi la confiance dans l’avenir comme l’a exprimé l’engagement d’Alexis Jaffrézic. Nous vivons, grâce à nos aînés, libres et en paix. Jeunes d’aujourd’hui, c’est un message d’espoir qui vous est légué. Malgré les doutes, les difficultés, il faut toujours croire en l’avenir. Je terminerai en citant Périclès “Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.”

Je vous remercie.

14 juillet 2017, fête nationale 

Fête nationale 🇫🇷. Traditionnelle cérémonie au monument aux Morts de la Ville de Ploemeur en ce 14 juillet en présence de Ronan Loas, Maire de Ploemeur et Vice Président du Département du Morbihan, des élus, anciens combattants et représentants des associations patriotiques, de souvenir et de nombreux ploemeurois.
L’Amiral 5S Pierre-François Forissier, ancien chef d’Etat Major de la Marine Nationale, a remis à Guy Sinel, ploemeurois, la médaille de commandeur de l’Ordre National du Mérite.

Discours:

Le 14 juillet, c’est le jour de la fête nationale en France. C’est un jour de fête et de convivialité pour tous.
Mais c’est d’abord la commémoration d’un évènement qui rassemble tous les citoyens français autour de valeurs communes, celles qui fondent autour de valeurs séculaires notre République. Et c’est bien la République que nous mettons à l’honneur aujourd’hui.
La devise de la République française bien connue et présente sur le fronton de beaucoup de bâtiments publics, et en premier lieu les mairies, LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE, est le socle des valeurs qui uni l’ensemble des Français.
La Liberté,
Celle voulu par les Lumières, celle qui permet à chaque Français de vivre comme il l’entend, de penser comme il le veut, de s’exprimer sans craindre des répercussions. Cette liberté, nous l’avons gagnée au prix du sang et des larmes en 1789, nous l’avons propagée en Europe et aux Amériques. Plusieurs fois elle a été menacée, plusieurs fois elle a été bafouée, mais à chaque fois nous l’avons récupérée.
Aujourd’hui, alors que l’obscurantisme essaie de gagner du terrain, réduisant à néant des populations et en attaquant d’autres sur leur sol, notre combat pour la liberté prend tout son sens. Nous devons au travers de cette commémoration saluer le travail exemplaire de la coalition internationale qui lutte sans relâche pour libérer des populations d’agresseurs mortifères qui par leur idéologie meurtrière n’hésitent pas à perpétuer d’infâmes exactions.
L’égalité,
L’article premier de la Constitution garantit que « Tous les citoyens naissent et demeurent libres et égaux en droit ». C’est pour chaque Français l’assurance que quoi qu’il fasse, il sera traité de la même manière que quiconque, et ce quelle que soit sa condition sociale, ses connaissances, son éducation ou ses ressources.
Il est important que notre société fasse preuve d’équité. C’est-à-dire qu’elle intègre de la justice, et notamment de la justice sociale dans son approche du citoyen. C’est à cette condition qu’on apportera de l’égalité des chances aux Français.
La France est une chance, chacun doit pouvoir se dépasser, réussir. La France sera une chance pour chacun, si chaque Français reçoit les mêmes atouts pour réussir. Cela passe par l’école de la République et par un accès à la culture pour tous, car sans culture nous ne sommes personne. Rappelons-nous que quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : « Alors pourquoi nous battons-nous ? »
La fraternité,
Le peuple français est un grand peuple. La France est forte par sa solidarité. Sur elle, reposent en grande partie les droits sociaux inscrits dans le préambule de notre Constitution. 
Jacques Chirac disait ceci en 2000, « La fraternité, quant à elle, est toujours fondée sur une relation de personne à personne. C’est une solidarité à taille humaine, une solidarité qui s’incarne. Un humanisme qui prend le visage d’hommes et de femmes allant aux devants des difficultés et des peines d’autres hommes et d’autres femmes. Un altruisme qui vient du sentiment autant que de la générosité. La fraternité, c’est aussi l’enrichissement du don, la joie d’aller vers les autres et le plaisir d’être ensemble. »
Par ces mots, le Président de la République extrayait l’essence même de notre Nation. L’histoire nous rappellera toujours nos engagements fondamentaux sur le respect des autres, la tolérance mutuelle, la liberté de conscience forgeant toujours notre idéal républicain.
Alors aujourd’hui, nous ne célébrons pas la prise de la Bastille, un moment où des Français ont dû combattre – par nécessité – d’autres Français.

Non, aujourd’hui nous célébrons la République, et à travers elle la liberté toujours éclatante de fraîcheur, d’audace et de créativité, l’égalité qui scelle le sentiment de justice entre les citoyens, et enfin la fraternité qui place la solidarité entre chacun d’entre nous comme le pilier du vivre-ensemble.
Vive la République, et vive la France !