Une histoire de France par les villes et villages de France 🇫🇷 

Nous venons de vivre ces dernières années différentes réformes sur l’organisation territoriale ainsi que sur la répartition des compétences. Ces changements, ces mutations, ont été peu accompagnées, voire précipitées. Les élus locaux n’ont pas toujours été écoutés.
On ne cesse d’entendre, ici et là, que le modèle des communes françaises est un vieux modèle, qu’il y a trop de communes, trop d’élus. Je ne suis pas d’accord avec ça. Nos 36 000 communes sont le socle de notre démocratie, le fondement de notre société et le seul lien indéfectible – pour le meilleur comme pour le pire – qui subsiste entre le citoyen et le politique. Je m’insurge quand je vois que l’on vide de plus en plus les communes de leurs substances pour les confier à des échelons administratifs supérieurs.
Nous les Maires, devons porter une parole forte à nos représentants nationaux pour défendre nos communes, nos singularités, nos spécificités. Bien entendu il faut mutualiser des services pour répondre au mieux aux besoins de nos populations et de nos territoires. Mais ces seuils d’efficacité ne peuvent être décidés unilatéralement sur le coin de table d’un Ministère.
Chaque territoire est unique. Laissons les territoires s’organiser au plus juste, sans laisser personne sur le bord de la route et cessons de noyer nos communes dans des intercommunalités trop grandes qui n’ont pas de sens, que ce soit par leurs bassins de populations ou pour leur cohérence territoriale.
J’y reviendrai plus tard, dans l’immédiat je vais me plonger dans le « l’histoire des villes et villages français » par François Baroin, Président de l’association des maires de France.

Sénatoriales pour le Morbihan

Je félicite les vainqueurs Joël Labbé, Muriel Jourda et Jacques Le Nay qui feront de très bons sénateurs et qui sauront rassembler les élus de tous bord et défendre les intérêts de nos communes.
Un clin d’œil particulier à mon amie Muriel Jourda, notre collègue au Département pour son beau score et à Jacques Le Nay avec qui nous siégeons à Lorient Agglomération.
J’ai également une pensée pour tous les autres candidats qui ont fait une belle campagne.

Alexis Jaffrézic a rendu les Armes

Homme engagé dans tous les combats de la vie sociétale, le ploemeurois Alexis Jaffrézic n’a pu résister à son dernier combat contre la maladie. Âgé de 93 ans, il a abdiqué ce mercredi 13 septembre, à 20 h 40. Retrouvez ci dessous mon discours, prononcé ce matin en l’Eglise Saint-Pierre.

Mesdames, Messieurs,

Le combat de l’injustice, Alexis Jaffrézic l’a mené dès sa naissance à Névez (Finistère). Combat de la vie que son père, marin pêcheur, lui inculquera à force de travail, de conviction et de valeurs humaines. Au cours de la seconde guerre mondiale, Alexis Jaffrézic est apprenti à la base des sous-marins de Lorient.

Dès 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce solennellement les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme. Texte à caractère universel et intemporel, elle concrétise les idéaux politiques du siècle des Lumières. Dans les événements sombres de notre Histoire, quand notre pays connut l’envahissement, le joug de l’occupation, l’humiliation de la défaite, résister pour Alexis Jaffrézic fut justement l’expression d’une volonté, celle de défendre ces droits imprescriptibles.

Apprenti à la base des sous-marins de Lorient, Alexis Jaffrézic en profite pour saboter les machines-outils mais il est découvert par un collaborateur. Emprisonné à Vannes, l’ingénieur général Jacques Stosskopf, dont la base des sous-marins porte le nom, le fera libérer, arguant un dysfonctionnement de la machine. « L’ingénieur Stosskopf m’a sauvé ! » témoignait-il.

Ainsi libre, Alexis Jaffrézic rejoint le maquis de Saint Marcel (Morbihan) accompagné de son frère, Ernest et avec la bénédiction de leur père. Au cours d’un contact avec l’ennemi, il reçoit un éclat d’obus dans la tempe duquel il ne s’en séparera jamais.

Il est classé Grand Invalide de Guerre et rejoint activement l’association des Gueules Cassées dont il est délégué régional pendant de longues années. Il y défendra utilement les intérêts des blessés au combat.

La résistance préparera la libération et engagera par le Conseil National de la Résistance l’élaboration des textes qui fonderont la reconstruction et la nouvelle République.

Ces principes figurent dans le préambule de la constitution de 1946 et préfigureront les grandes réformes (le droit au travail, la sécurité sociale). « Le peuple français réaffirme solennellement les droits et libertés de l’homme et du citoyen consacrés par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République. »

À l’issue du conflit mondial, il réintègre l’arsenal de Lorient et poursuit logiquement son engagement sociétal, syndical et associatif. Militant invétéré, il participe à la création du parti socialiste aux côtés, notamment, de Pierre Mauroy, d’Yves Allainmat et de Jean-Yves Le Drian. Parallèlement, il est membre actif du syndicat FO et est appelé pour créer la maison des jeunes de Lorient puis la maison de retraite de Kervénanec pour lesquelles il donne toute son énergie au bien-être de son Prochain. Remarqué par l’association Léo Lagrange, il crée le site de Kerdroual à Ploemeur et en profite pour faire prospérer le jumelage entre Lorient et la ville allemande de Ludwigshafen voulant ainsi effacer les affres de sa jeunesse.

Au fil du temps et des aléas de la vie, Alexis Jaffrézic s’est peu à peu retiré de ses activités associatives, syndicales et politiques mais la signature philosophique de cet humaniste demeurera dans la mémoire de ce qu’il a eu loisir de créer et de ceux qui ont eu la chance et l’honneur de partager son sens de la vie.

Je rends hommage aujourd’hui en l’Eglise Saint-Pierre et au nom de la Ville de Ploemeur et de ses citoyens à un de nos derniers résistants et réfractaires ploemeurois.

L’esprit de la Résistance c’est aussi la confiance dans l’avenir comme l’a exprimé l’engagement d’Alexis Jaffrézic. Nous vivons, grâce à nos aînés, libres et en paix. Jeunes d’aujourd’hui, c’est un message d’espoir qui vous est légué. Malgré les doutes, les difficultés, il faut toujours croire en l’avenir. Je terminerai en citant Périclès “Il n’est point de bonheur sans liberté, ni de liberté sans courage.”

Je vous remercie.

Il y a 75 ans… le Vel’d’hiv

On commémore aujourd’hui les 75 ans de la rafle du vélodrome d’Hiver, l’une des pages les plus sombres de l’histoire de France, notre Histoire. 13000 Juifs dont un tiers d’enfants envoyés à la mort les 16 et 17 juillet 1942 par l’Etat Français, collaboration et responsabilité de certains français. La France accomplissait ce jour là l’irréparable. 
L’intolérance, la racisme, l’antisémitisme conduisent aux pires atrocités, souvenons-nous. Le devoir de Mémoire. 
Retrouvez ici le Discours prononcé lors des commémorations de la Rafle du Vel’d’Hiv’ — 16 juillet 1995 par Jacques Chirac, l’humanisme chevillé au corps :
« Monsieur le Maire,
Monsieur le Président,
Monsieur l’Ambassadeur,
Monsieur le Grand Rabbin,
Mesdames, Messieurs,
Il est, dans la vie d’une nation, des moments qui blessent la mémoire, et l’idée que l’on se fait de son pays.
Ces moments, il est difficile de les évoquer, parce que l’on ne sait pas toujours trouver les mots justes pour rappeler l’horreur, pour dire le chagrin de celles et ceux qui ont vécu la tragédie. Celles et ceux qui sont marqués à jamais dans leur âme et dans leur chair par le souvenir de ces journées de larmes et de honte.
Il est difficile de les évoquer, aussi, parce que ces heures noires souillent à jamais notre histoire, et sont une injure à notre passé et à nos traditions. Oui, la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français.
Il y a cinquante-trois ans, le 16 juillet 1942, 450 policiers et gendarmes français, sous l’autorité de leurs chefs, répondaient aux exigences des nazis.
Ce jour-là, dans la capitale et en région parisienne, près de dix mille hommes, femmes et enfants juifs furent arrêtés à leur domicile, au petit matin, et rassemblés dans les commissariats de police.
On verra des scènes atroces : les familles déchirées, les mères séparées de leurs enfants, les vieillards — dont certains, anciens combattants de la Grande Guerre, avaient versé leur sang pour la France — jetés sans ménagement dans les bus parisiens et les fourgons de la Préfecture de Police.
On verra, aussi, des policiers fermer les yeux, permettant ainsi quelques évasions.
Pour toutes ces personnes arrêtées, commence alors le long et douloureux voyage vers l’enfer. Combien d’entre-elles ne reverront jamais leur foyer ? Et combien, à cet instant, se sont senties trahies ? Quelle a été leur détresse ?
La France, patrie des Lumières et des Droits de l’Homme, terre d’accueil et d’asile, la France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable. Manquant à sa parole, elle livrait ses protégés à leurs bourreaux.
Conduites au Vélodrome d’hiver, les victimes devaient attendre plusieurs jours, dans les conditions terribles que l’on sait, d’être dirigées sur l’un des camps de transit — Pithiviers ou Beaune-la-Rolande — ouverts par les autorités de Vichy.
L’horreur, pourtant, ne faisait que commencer.
Suivront d’autres rafles, d’autres arrestations. À Paris et en province. Soixante-quatorze trains partiront vers Auschwitz. Soixante-seize mille déportés juifs de France n’en reviendront pas.
Nous conservons à leur égard une dette imprescriptible.
La Thora fait à chaque juif devoir de se souvenir. Une phrase revient toujours qui dit : « N’oublie jamais que tu as été un étranger et un esclave en terre de Pharaon ».
Cinquante ans après, fidèle à sa loi, mais sans esprit de haine ou de vengeance, la Communauté juive se souvient, et toute la France avec elle. Pour que vivent les six millions de martyrs de la Shoah. Pour que de telles atrocités ne se reproduisent jamais plus. Pour que le sang de l’holocauste devienne, selon le mot de Samuel Pisar, le « sang de l’espoir ».
Quand souffle l’esprit de haine, avivé ici par les intégrismes, alimenté là par la peur et l’exclusion. Quand à nos portes, ici même, certains groupuscules, certaines publications, certains enseignements, certains partis politiques se révèlent porteurs, de manière plus ou moins ouverte, d’une idéologie raciste et antisémite, alors cet esprit de vigilance qui vous anime, qui nous anime, doit se manifester avec plus de force que jamais.
En la matière, rien n’est insignifiant, rien n’est banal, rien n’est dissociable. Les crimes racistes, la défense de thèses révisionnistes, les provocations en tout genre — les petites phrases, les bons mots — puisent aux mêmes sources.
Transmettre la mémoire du peuple juif, des souffrances et des camps. Témoigner encore et encore. Reconnaître les fautes du passé, et les fautes commises par l’Etat. Ne rien occulter des heures sombres de notre Histoire, c’est tout simplement défendre une idée de l’Homme, de sa liberté et de sa dignité. C’est lutter contre les forces obscures, sans cesse à l’œuvre.
Cet incessant combat est le mien autant qu’il est le vôtre.
Les plus jeunes d’entre nous, j’en suis heureux, sont sensibles à tout ce qui se rapporte à la Shoah. Ils veulent savoir. Et avec eux, désormais, de plus en plus de Français décidés à regarder bien en face leur passé.
La France, nous le savons tous, n’est nullement un pays antisémite.
En cet instant de recueillement et de souvenir, je veux faire le choix de l’espoir.
Je veux me souvenir que cet été 1942, qui révèle le vrai visage de la « collaboration », dont le caractère raciste, après les lois anti-juives de 1940, ne fait plus de doute, sera, pour beaucoup de nos compatriotes, celui du sursaut, le point de départ d’un vaste mouvement de résistance.
Je veux me souvenir de toutes les familles juives traquées, soustraites aux recherches impitoyables de l’occupant et de la milice, par l’action héroïque et fraternelle de nombreuses familles françaises.
J’aime à penser qu’un mois plus tôt, à Bir Hakeim, les Français libres de Koenig avaient héroïquement tenu, deux semaines durant, face aux divisions allemandes et italiennes.
Certes, il y a les erreurs commises, il y a les fautes, il y a une faute collective. Mais il y a aussi la France, une certaine idée de la France, droite, généreuse, fidèle à ses traditions, à son génie. Cette France n’a jamais été à Vichy. Elle n’est plus, et depuis longtemps, à Paris. Elle est dans les sables libyens et partout où se battent des Français libres. Elle est à Londres, incarnée par le Général de Gaulle. Elle est présente, une et indivisible, dans le cœur de ces Français, ces « Justes parmi les nations » qui, au plus noir de la tourmente, en sauvant au péril de leur vie, comme l’écrit Serge Klarsfeld, les trois-quarts de la communauté juive résidant en France, ont donné vie à ce qu’elle a de meilleur. Les valeurs humanistes, les valeurs de liberté, de justice, de tolérance qui fondent l’identité française et nous obligent pour l’avenir.
Ces valeurs, celles qui fondent nos démocraties, sont aujourd’hui bafouées en Europe même, sous nos yeux, par les adeptes de la « purification ethnique ». Sachons tirer les leçons de l’Histoire. N’acceptons pas d’être les témoins passifs, ou les complices, de l’inacceptable.
C’est le sens de l’appel que j’ai lancé à nos principaux partenaires, à Londres, à Washington, à Bonn. Si nous le voulons, ensemble nous pouvons donner un coup d’arrêt à une entreprise qui détruit nos valeurs et qui, de proche en proche risque de menacer l’Europe tout entière. »

14 juillet 2017, fête nationale 

Fête nationale 🇫🇷. Traditionnelle cérémonie au monument aux Morts de la Ville de Ploemeur en ce 14 juillet en présence de Ronan Loas, Maire de Ploemeur et Vice Président du Département du Morbihan, des élus, anciens combattants et représentants des associations patriotiques, de souvenir et de nombreux ploemeurois.
L’Amiral 5S Pierre-François Forissier, ancien chef d’Etat Major de la Marine Nationale, a remis à Guy Sinel, ploemeurois, la médaille de commandeur de l’Ordre National du Mérite.

Discours:

Le 14 juillet, c’est le jour de la fête nationale en France. C’est un jour de fête et de convivialité pour tous.
Mais c’est d’abord la commémoration d’un évènement qui rassemble tous les citoyens français autour de valeurs communes, celles qui fondent autour de valeurs séculaires notre République. Et c’est bien la République que nous mettons à l’honneur aujourd’hui.
La devise de la République française bien connue et présente sur le fronton de beaucoup de bâtiments publics, et en premier lieu les mairies, LIBERTE – EGALITE – FRATERNITE, est le socle des valeurs qui uni l’ensemble des Français.
La Liberté,
Celle voulu par les Lumières, celle qui permet à chaque Français de vivre comme il l’entend, de penser comme il le veut, de s’exprimer sans craindre des répercussions. Cette liberté, nous l’avons gagnée au prix du sang et des larmes en 1789, nous l’avons propagée en Europe et aux Amériques. Plusieurs fois elle a été menacée, plusieurs fois elle a été bafouée, mais à chaque fois nous l’avons récupérée.
Aujourd’hui, alors que l’obscurantisme essaie de gagner du terrain, réduisant à néant des populations et en attaquant d’autres sur leur sol, notre combat pour la liberté prend tout son sens. Nous devons au travers de cette commémoration saluer le travail exemplaire de la coalition internationale qui lutte sans relâche pour libérer des populations d’agresseurs mortifères qui par leur idéologie meurtrière n’hésitent pas à perpétuer d’infâmes exactions.
L’égalité,
L’article premier de la Constitution garantit que « Tous les citoyens naissent et demeurent libres et égaux en droit ». C’est pour chaque Français l’assurance que quoi qu’il fasse, il sera traité de la même manière que quiconque, et ce quelle que soit sa condition sociale, ses connaissances, son éducation ou ses ressources.
Il est important que notre société fasse preuve d’équité. C’est-à-dire qu’elle intègre de la justice, et notamment de la justice sociale dans son approche du citoyen. C’est à cette condition qu’on apportera de l’égalité des chances aux Français.
La France est une chance, chacun doit pouvoir se dépasser, réussir. La France sera une chance pour chacun, si chaque Français reçoit les mêmes atouts pour réussir. Cela passe par l’école de la République et par un accès à la culture pour tous, car sans culture nous ne sommes personne. Rappelons-nous que quand on a demandé à Winston Churchill de couper dans le budget des arts pour l’effort de guerre, il a répondu : « Alors pourquoi nous battons-nous ? »
La fraternité,
Le peuple français est un grand peuple. La France est forte par sa solidarité. Sur elle, reposent en grande partie les droits sociaux inscrits dans le préambule de notre Constitution. 
Jacques Chirac disait ceci en 2000, « La fraternité, quant à elle, est toujours fondée sur une relation de personne à personne. C’est une solidarité à taille humaine, une solidarité qui s’incarne. Un humanisme qui prend le visage d’hommes et de femmes allant aux devants des difficultés et des peines d’autres hommes et d’autres femmes. Un altruisme qui vient du sentiment autant que de la générosité. La fraternité, c’est aussi l’enrichissement du don, la joie d’aller vers les autres et le plaisir d’être ensemble. »
Par ces mots, le Président de la République extrayait l’essence même de notre Nation. L’histoire nous rappellera toujours nos engagements fondamentaux sur le respect des autres, la tolérance mutuelle, la liberté de conscience forgeant toujours notre idéal républicain.
Alors aujourd’hui, nous ne célébrons pas la prise de la Bastille, un moment où des Français ont dû combattre – par nécessité – d’autres Français.

Non, aujourd’hui nous célébrons la République, et à travers elle la liberté toujours éclatante de fraîcheur, d’audace et de créativité, l’égalité qui scelle le sentiment de justice entre les citoyens, et enfin la fraternité qui place la solidarité entre chacun d’entre nous comme le pilier du vivre-ensemble.
Vive la République, et vive la France !